L’œil d’ ITS sur l’effectif du TOURS FC version 2017/2018

Publié le 13 juin à 15h55

© Philippe Maitre

Si plusieurs raisons peuvent expliquer la relégation du TFC en national, est ce que la production des joueurs en est une ?

Tout le monde est d’accord pour dire que les Kamara, Bouanga, Selemani et Bennacer n’ont pas été remplacés qualitativement parlant. Pourtant, l’effectif était plutôt pléthorique avec une trentaine de joueurs à la disposition des entraineurs.

La saison a démarré par 5 défaites consécutives ce qui n’a pas facilité la mise en confiance des joueurs. Le premier match nul contre Auxerre (1-1) à la 6e journée aurait pu être bénéfique ainsi que la première victoire contre Bourg en Bresse (3-2) lors de la 14e journée mais ça n’a pas été le cas. Les joueurs n’ont pu reprendre confiance et sont arrivés à la trêve hivernale avec seulement 5 petits points.

Les nouveaux joueurs qui ont rejoint l’effectif cet hiver ont apporté un plus ( victoire contre Brest et Lorient et nul à Nîmes ) mais cela n’a pas suffit.

Concernant les gardiens, Goda et Kakou ont eu tour à tour leur chance sans vraiment la saisir. Aucun n’a réussi à prendre le dessus sur l’autre. C’est l’arrivée de Descamps qui a permis de stabiliser ce poste. Ce dernier, excellent sur sa ligne et bon dans ses sorties aériennes, est devenu le titulaire indiscutable. Coudert, gardien de nos U19 finaliste de la Gambardella, sur le peu qu’il a joué, a montré de belles qualités. 

En défense, La longue blessure de Filippi a été le gros point noir de la saison car non seulement c’est un excellent défenseur mais en plus, il rend les autres meilleurs. Il nous a régulièrement fait peur par ses interventions rugueuses, mais c’est un meneur d’homme indispensable. A un degré moindre, on peut regretter la blessure de Cissé qui était en pleine forme en début de championnat. Sa vitesse d’intervention qui colmatait toutes les erreurs a fait défaut. Sa capacité à se projeter vers l’avant lui aurait même permis de postuler pour un poste en milieu. Miguel n’a rien à se reprocher. Bon défensivement, il a été intéressant offensivement marquant quelques buts au point de se faire recruter par le Nîmes Olympique. De même pour Gradit, une valeur sûre qui a l’avantage de jouer à tous les postes défensifs. Le recrutement de Kone était prometteur mais lui aussi n’a pas été épargné par les blessures. Dommage car il a montré une sûreté et une aisance dont le Tours FC avait bien besoin. On a bien aimé l’émergence de Raveloson en défense centrale. Milieu de formation, il nous a épaté par son sens du placement et sa qualité de relance. L’autre révélation se nomme Etcheverria. Le défenseur latéral a eu une belle progression. Fébrile en début de saison lorsqu’il a eu sa chance, il est revenu ensuite plein d’assurance au point de finir la saison en tant que titulaire. El Hriti a peu joué à cause d’un Miguel irréprochable mais quand il a eu sa chance, il n’a pas été mauvais sans être extraordinaire. Louvion étant polyvalent a surtout été utilisé pour combler les manques. Une fois défenseur, une fois milieu, il n’a pas réussi à prouver qu’il peut être un titulaire à part entière. C’est donc pour lui, une saison décevante. Le jeune Valentim en seulement quelques apparitions a réussi à  se faire repérer par Reims au point d’y signer un contrat. C’est dire ! Enfin, Lippini a tiré le maximum de ses possibilités grâce à son expérience plus qu’à ses qualités athlétiques.

En milieu, Belkebla a été irréprochable multipliant les courses, les appels et ratissant un nombre incalculable de ballons. Cependant, à force de trop jouer, il en a perdu de son efficacité. N’Doye, un peu dans le même style, n’a pas ménagé sa peine. Repositionné à un poste de milieu droit, il a toujours donné le maximum au point d’être une des satisfactions de cette saison. Larbi hors de forme à son arrivée a mis du temps à trouver le rythme. Il faut dire qu’il n’était utilisé que sur des bouts de matchs. Au fil du temps, il a gagné sa place en finissant correctement la saison ce qui lui a valu une présélection en équipe de Tunisie pour le mondial 2018. On pourra remercier Bordeaux de nous avoir prêté Mancini car ce dernier nous a montré tout son talent. Un des seuls à pouvoir percuter et éliminer son adversaire. A l’inverse, l’international gabonais Mbingui n’a pas réussi à montrer sa classe ayant certainement du mal à s’acclimater aux exigences de la Ligue 2.  Mexique n’a que trop peu joué alors qu’il n’a jamais déçu à chacune de ses apparitions. L’arrivée de Devaux au mercato d’hiver a stabilisé le milieu. Épatant en sentinelle devant la défense, il n’a peut-être pas assez participé au jeu offensif. Est-ce la consigne du coatch ? Le jeune Sissoko a gagné du temps de jeu grâce, entre autres, à sa polyvalence. Impressionnant de sérénité pour son âge, il devrait être un des hommes forts de la saison prochaine si personne nous le pique. Enfin, la qualité technique de Bergougnoux a cruellement manqué mais avait il encore les capacités physiques ?

Avec 34 buts de marqués en 38 journée, l’attaque tourangelle n’a pas été à la fête. L’avant centre tant désiré par tous les supporters n’est jamais arrivé. Pourtant, avec les Diarra, Tshibumbu, Tall, Clemence et Zukic, il y avait des forces vives. Les deux premiers ont eu du temps de jeu et la confiance de l’entraineur mais la réussite les a fuit à moins que ça soit de la maladresse. Il est vrai que les ballons avaient du mal à arriver dans de bonnes conditions et que leur débauche d’énergie pouvait expliquer leurs pertes de lucidité au moment de conclure. Clémence titulaire en début de saison a perdu la confiance du coach car trop peu décisif. Son impact physique et sa puissance de tir ne lui auront pas permis de faire la différence. Tandia avec des qualités différentes a eu la même destinée. La combativité et la faculté de renouveler les efforts de Bayard n’ont pas plus aidé le Tours FC. On a pourtant senti son envie de bien faire à chacune de ses productions. Tall, un des plus adroits de tous, a souffert de son manque d’impact et d’expérience. Il ne lui a pas manqué grand chose pour s’affirmer. Bakar n’a été que l’ombre de lui même et surtout pas celui de Montpellier voirr de Nancy. Un but en deux matchs, c’est la performance du bosnien Zukic. Malgré ce départ plus que correct sous ses nouvelles couleurs, on ne le reverra plus. Le pari Bulot n’a pas payé. L’ ex joueur de Caen, Liège, Charlton et Reims n’ a pas apporté ce dont il est capable à cause d’une blessure qui l’a éloigné des terrains trop longtemps. On aurait voulu qu’il fasse la différence, dribble, marque comme peut le faire un joueur de niveau Ligue 1. Il s’est contenté de jouer simple, propre, sans prendre de risques. Et que dire de Hein resté en réserve une bonne partie de la saison alors qu’il a épaté son monde sur les derniers matchs. Pourquoi s’être privé du petit  » Robben  » prêté par le FC Metz ?

Le constat est que chacun a donné le maximum par rapport à ses capacités du moment et ses qualités intrinsèques mais cela n’a pas suffit pour éviter la relégation. 

On peut donc penser que d’autres raisons peuvent être incriminées: un problème collectif, d’environnement, un manque de soutien, le niveau de la Ligue 2 en progression, le manque de chance, un arbitrage défavorable …. à vous de juger !

Bertrand Foy