Soirée de gala à la Vallée du Cher

Publié le 27 octobre à 23h20

© Philippe Maitre

Les supporters du Tours FC ont vécu une soirée de rêve

Par une douce soirée d’automne malgré le calendrier (milieu de semaine) et l’heure tardive (21h05), diffusion T.V oblige, ce sont près de 9500 spectateurs qui sont venus se presser et surtout s’agglutiner aux portes du stade, si peu habitué à gérer une telle assistance, venue sûrement plus pour l’aura des Nantais, 3ème de L1 avec des stats qui font rêver, que pour nos bien pales bleus à la « ramasse » en L2. La question étant alors de savoir qu’elle  « valise » nos pauvres locaux allaient se prendre.

Pauvre public bloqué à l’entrée du stade qui n’a pas profité de la belle ambiance d’avant coup d’envoi avec des supporters Nantais massés dans leur espace qui nous ont gratifié de quelques inutiles fumigènes, bien relayés par des Turons plus sages mais bien présents. Que penser de la première grosse rumeur à la 4ème minute, suivi d’une autre peu après ? Déjà 2 buts pour les canaris ou l’improbable ouverture du score du TFC ? Quelle surprise de constater sur le panneau d’affichage que ce sont bien les Tourangeaux qui sont à la fête avec cette première réalisation dès la 4ème minute de Miguel suite à un corner, bien servi par Cissé, suivi d’une 2ème de Mancini. On croit rêver. Et ce n’est pas fini car malgré une réaction Nantaise Clémence part en contre et sert Bouazza, déjà auteur de la passe décisive du 2ème but, qui place une tète hors de portée du gardien. 3-0 après 20 minutes de match. En voilà un que les retardataires peuvent enfin apprécier. Le public explose et se pince pour y croire, craignant bien sûr une grosse réaction des visiteurs. Mais ils ont du plomb dans l’aile les canaris et même en affichant une belle technique ils ne mettent pas vraiment en danger la défense bleue. Il faut le petit coup de pouce de l’arbitre qui siffle penalty pour une main pas vraiment volontaire de Lipini. C’est sévère mais pas scandaleux et Goda est à un demi gant de créer l’exploit. Il touche mais ne détourne pas le tir. 3-1 pour Tours à 10 minutes du terme de cette incroyable première mi-temps qui se termine sur ce score. Seul ombre au tableau : la sortie sur blessure de Diarra, décidément pas épargné, qui ne s’est pas remis d’une grosse charge, suivi d’une mauvaise réception.

On imagine le discours de Ranieri durant le repos, sûrement pas très satisfait de la prestation Nantaise. Cela se ressent dès la reprise avec des visiteurs beaucoup plus présents et agressifs. Trop d’ailleurs car ils multiplient les fautes et l’arbitre voit jaune, puis rouge pour un Nantais auteur d’un vilain tacle sur Clemence à l’heure de jeu. Réduits à 10, menés 3-1 et ayant effectué leur trois changements, voila un bien mauvais scénario pour les Nantais, et bien sûr très favorable pour des Tourangeaux bien décidés à créer l’exploit. Ils font preuve d’une belle solidarité pour garder ce résultat face à la supériorité technique de leurs adversaires qui malgré la possession du ballon se montrent peu inspirés et doivent même s’employer pour annihiler les contres des bleus toujours présents et dangereux. Les secondes et les minutes s’égrènent sur le panneau d’affichage que chacun observe avec la plus grande attention et finalement l’angoisse s’estompe tant les bleus se montrent sereins. Ils vont bien gérer cette fin de rencontre face à des Nantais visiblement pas très fiers de leur prestation. Goda repousse brillamment une dernière tentative avant que l’arbitre ne siffle la fin de la rencontre et permette ainsi aux Tourangeaux de venir saluer un public ravi, conscient d’avoir assister à un événement qui restera dans les anales du TFC. 3-1 score final et qualification pour un 8ème de finale qui s’annonce exceptionnel, Tours étant le dernier club de L2. Ce sera donc une L1, voir un club Européen, à la Vallée du Cher de préférence bien-sur.

Il y aura sûrement quelques esprits chagrins pour minimiser cette qualification en avançant par exemple que  Nantes n’a pas aligné son équipe type. C’est oublier que Ranieri avait fait de ce match, bien imprudemment certes, un test pour son banc demandant à chacun de s’investir pour gagner sa place.

C’est bien un autre TFC qui a évolué ce soir : celui de la coupe de la ligue qui, libéré des angoisses de l’avant et de l’après, joue « son » match a fond pour se qualifier et montre ainsi son réel potentiel. C’est à eux même de s’en persuader et s’investir ainsi sur chaque rencontre, comme celle qui les attend à Lorient samedi. C’est ainsi qu’ils pourront se sauver…

 

Yves RAPIN