ITS – Poulidor: « Des athlètes qui souhaitent qu’on les traite comme des professionnels »

Publié le 16 octobre à 23h21

© Lejdd

Pour la 43ème édition du Trophée Handisport, à Montlouis sur Loire, Raymond Poulidor, la vedette intemporelle du cyclisme français, parrain de l’événement depuis sa création en 1974, a gentiment accepté de répondre à nos questions.

Raymond, le Trophée Handisport a été créé en 1974 par André Auberger. Vous en êtes en quelques sortes  le parrain, puisque vous n’avez manqué qu’une seule édition. Pourquoi une telle fidélité à cet événement?

C’est une chose tout à fait normale. Déjà la première année lorsque André Auberger nous avait contacté avec mon manager, Roger Piel, nous avons répondu présent sans réfléchir. Et puis nous avons tellement été étonnés par le courage et la moralité que les participants nous offraient. On se dit que nous lorsqu’on a des petits malheurs ça n’est rien comparé à cela. A l’époque ce n’était pas les Trophées d’aujourd’hui. Maintenant ce sont des athlètes qui souhaitent d’ailleurs qu’on les traite comme des professionnels, des sportifs à part entière. Ils sont très performants, les coureurs professionnels qui ont l’occasion de les entrainer, parfois ils sont surpris de l’allure à laquelle ils doivent rouler.

 

Avez-vous en mémoire une édition particulière de ce Trophée Handisport?

Non pas d’édition particulière. En revanche on constate que de plus en plus de monde participe avec un public qui répond présent. Et puis bon, les premières années et même maintenant ça se termine avec un repas de l’amitié et un gala et tout le monde quitte les lieux en étant enchanté.

 

Les générations passent, et on entend toujours des « Salut POU POU ». Comment vit-on une telle  popularité?

Et bien c’est assez surprenant. De quoi émane cette popularité ? Déjà on me présente comme celui qui a toujours fini deuxième. Et là je crois que c’est tributaire du Tour de France puisque j’ai terminé 2ème derrière trois générations différentes. Et aujourd’hui si on parle de Poulidor c’est dû à cette deuxième place qui est présente dans toute les disciplines. Il y a un Poulidor dans toutes les disciplines !

 

Ceci dit si vous aviez terminé premier, il y aurait eu un Poulidor aussi, non ?!

Non je crois qu’on m’aurait peut-être plus oublié et puis lorsque j’ai arrêté ma carrière, lors de mon dernier Tour de France en 1976 j’ai participé sans arrêt au tour de France. Et cette année d’ailleurs j’en étais à mon 54ème Tour. Je suis toujours présent, je suis toujours l’actualité de très près !

 

Justement en parlant d’actualité, pensez-vous qu’un français peut endosser le maillot arc en ciel de champion du monde demain? Si oui lequel?

Oh oui !  D’ailleurs on a deux super sprinteurs qui peuvent tirer leur épingle du jeu, Démare et Bouhanni. Dans un bon jour ils peuvent battre n’importe qui. Et peut-être que cette arrivée du championnat du monde ne ressemblera pas à une arrivée d’une Classique ou d’une étape du Tour. Mais les grosses équipes et les coureurs réputés auront leur mot à dire. Je pense à l’Allemand Greipel, qui est l’un des favoris, il a un potentiel incroyable, et s’il est bien amené par les coureurs de son équipe, il est imbattable.

 

Donc, pas de surprises possibles, comme au dernier Paris-Tours où le colombien Gaviria a surpris tout son monde en devançant les sprinteurs à quelques centaines de mètres de l’arrivée derrière lui ?

Ah si bien sûr ça peut arriver ! On est en droit de se demander s’il y aura suffisamment de coureurs d’équipes qui pourront justement amener un sprinteur dans les derniers kilomètres et éviter éventuellement qu’un coureur se dégage dans les derniers mètres…

 

Propos recueillis par Clément Renier

 

ITS - Endurance Shop Tours

 

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